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En réaction à l’article de Capital : “Pirater un site Web, trop facile !”
by julloa on sep.10, 2009, under Uncategorized
Un article fort intéréssant paru dans « Capital » du mois d’aout fait état de vulnérabilités de plusieurs site Web. Dans un premier temps nous verrons quelles vulnérabilités ont été exploitées et nous préciserons comment se prémunir de ces vulnérabilités.
Quelles sont les vulnérabilités exploitées ?
3 types de vulnérabilités ont été exploités :
1) lié à des défaillances techniques (SQL injection, Cross Site Scripting),
2) lié à des défaillances organisationnelles (possibilité d’accéder aux pages
d’administration des sites Web)
3) lié à des défaillances dans la logique applicative.
Comment se prémunir de ces vulnérabilités ?
Dans le premier cas (Injection SQL, Cross Site Scripting ….). Comme ces attaques font appel à des langages informatiques (SQL, JavaScript), elles sont assez facilement reconnaissables et elles peuvent être bloquées grâce à un firewall applicatif Web (WAF). Il est toutefois recommandé d’utiliser un WAF qui est capable d’avoir une approche pondérée (comme la Scoring List de Deny All) pour reconnaitre ces attaques. En effet, les WAF qui utilisent de simples « black list » ne sont pas assez efficaces contre ces attaques ou bien, bloquent trop fréquemment le trafic légitime (ce qui est inacceptable).
Dans le deuxième cas, il a été possible d’accéder à l’interface d’administration, car celle-ci n’était pas suffisamment sécurisée. Là encore, un WAF aurait été fort utile, car il permet d’augmenter le niveau d’authentification. Il est par exemple possible de faire en sorte que les administrateurs ne puissent accéder à l’interface d’administration qu’après une
authentification forte (Certificat client, RSA SecureID, Vasco, Active Card…) ce qui permet d’être protégé des attaques qui consistent à deviner un mot de passe en faisant des essais
répétés et automatiques.
Dans le troisième cas, les vulnérabilités exploitées étaient liées à des problématiques de logique applicative. Ici, les mécanismes de défense traditionnels sont souvent inefficaces.
En effet, L’exploitation de la vulnérabilité ne passe pas par un vecteur d’attaque comme une injection de code (qui est identifiable), mais par exemple par la manipulation d’un
paramètre dans une URL. Il est toutefois possible d’en limiter les risques grâce au modèle de sécurité positive du WAF (White List : tout ce qui n’est pas expressément prévu sera
rejeté).
L’article fait état du temps de réaction des différentes entités. Comment réagir rapidement quand une vulnérabilité a été détectée ?
Certains WAF permettent de mettre en œuvre un patch virtuel sans que l’on ait à modifier l’application WEB. Ceci permet de traiter la vulnérabilité qui a été détectée immédiatement
en laissant du temps aux équipes de développement pour corriger le problème en profondeur sans devoir interrompre le service.
Moralité de l’histoire ?
Dans le meilleur des mondes, ces vulnérabilités n’auraient pas pu être exploitées, car les aspects de sécurité auraient été pris en compte de façon importante dès la conception de
l’application WEB et tout au long de son cycle de vie (développement, exploitation). Il est toutefois difficile de prendre en charge ces aspects de sécurité en amont : on demande aux développeurs de concentrer leurs efforts sur les fonctionnalités et non sur la sécurité. De plus, il arrive très fréquemment que l’on n’ait aucun contrôle sur le développement de l’application Web. C’est pour ces raisons et parce que les attaques Web sont très attractives pour les hackeurs (simplicité de mise en œuvre et retour sur investissement très fort) qu’un WAF est un élément devenu maintenant indispensable dans les infrastructures Web.
Les utilisateurs de Twitter victimes d’un ver
by admin on avr.22, 2009, under Uncategorized
Qu’est-ce que Twitter ?
Twitter est un site communautaire dans lequel les membres postent des informations courtes les concernant ou concernant leur communauté. On peut le qualifier de « micro-blogue ». Il est possible de suivre l’actualité de personnes. On devient dans ce cas le « follower » de la personne et l’on a accès aux éléments postés par cette personne.
Peut-on parler d’un ver ?
Un ver est un programme externe qui sera téléchargé puis exécuté sur l’ordinateur. Dans ce cas, le ver profite simplement de certaines faiblesses du navigateur et du serveur WEB pour se « reproduire ». Aucune présence de programme externe n’est donc nécessaire. Il convient donc mieux de parler d’un « ver WEB » ou « ver XSS/CSRF » car ce ver exploite des vulnérabilités de « Cross-site scripting (XSS) » et de « Cross-site request forgery (CSRF) ».
Concrètement que fait-il ?
Les motivations du jeune hacker (17 ans) ne sont pas claires. C’est sans doute pour gagner en notoriété qu’il a mis au point ce ver. Ce dernier poste de façon automatique à la place d’un utilisateur légitime, un message incitant ses « followers » à aller visiter un site Web. Si une personne clique sur ce lien, le même sort lui est réservé. (Ses « followers » verront que cette personne a posté un message incitant à aller visiter ce site WEB)
Quel est son mode opératoire ?
Tout d’abord, le ver utilise une faille XSS. Le XSS ou (cross site scripting) permet à un attaquant de faire exécuter du code javascript ou html au navigateur de l’utilisateur.
Ce type d’attaque est le plus souvent utilisé pour récupérer les cookies de sessions de l’utilisateur ou pour modifier l’apparence du site WEB.
En l’occurrence, dans ce cas li s’agit de récupérer le cookie de session de l’utilisateur.
Une fois le cookie récupéré une requête Ajax est forgée de façon automatique avec votre cookie session (ce cookie sert de gage au serveur WEB pour déterminer si la requête vient de vous). Cette requête simule totalement ce que vous auriez fait en temps qu’utilisateur pour poster un message incitant vos « followers » à se rendre sur un site WEB.
Dans la deuxième version du ver, le simple fait de visiter la page twitter d’une personne « infectée » permet de déclencher l’attaque.
Quels sont les impacts de ce type d’attaque ?
Dans ce contexte précis, l’impacte pour les utilisateurs était très faible (poste d’un message à la place de l’utilisateur légitime). Toutefois, l’attaquant prend le contrôle du navigateur pour le forcer à réaliser des actions; on peut donc imaginer les dégâts que peuvent réaliser ce type d’attaques sur des sites sensibles, car ce scénario peut également être perpétré sur des sites traditionnels.
Le mécanisme est maintenant bien rodé sur des sites communautaires. Sans être devin, il est fort à parié que ce genre d’attaque sera perpétué sur d’autres type de sites. On imagine bien le potentiel de ces attaques : forcer un utilisateur à acheter ou vendre un bien ou un service … Les hackers ne sont limités que par leur imagination et la robustesse des systèmes de sécurité qu’ils trouveront face à eux.
Le trafic généré par ce type de ver doit aussi être pris en considération, car il peut mettre à mal la disponibilité du site WEB.
Comment se prémunir de ce type de ver ?
Si vous avez un serveur WEB et que vous souhaitez prémunir vos clients de ce type de vers, on peut:
· Prendre en compte les aspects de sécurité lors du développement d’applications WEB (validation des données envoyées par l’utilisateur);
· Renforcer le control des en utilisant des bibliothèques qui épurent les éléments transmis par les l’utilisateur (Par exemple AntiSamy );
· Taguer les cookies de sessions avec le flag HTTPOnly . Ce flag permet d’interdire l’accès au cookie de session via java script rendant les attaques XSS qui ciblent les cookies de session inefficaces.
· Utiliser un Firewall Applicatif WEB (WAF) .Cet équipement situé devant le serveur WEB permet de bloquer les tentatives d’injections de code.( Il peut aussi flaguer à la volée les cookies de session en HTTPOnly si l’on n’a pas de contrôle sur l’applicatif )
Si vous êtes utilisateur:
· Utiliser noscript sur Firefox (ce module permet de n’activer java script qu’au cas par cas).
Johanne Ulloa